Histoire
Histoire brève du Karaté..... .
Une légende veut qu'il y a cinq mille ans un prince du royaume de l'Inde entreprit d'observer les animaux et d'analyser leur mouvements. Il classa ses observations et parvint à en extraire des techniques utilisables par l'humain. Il entreprit dans un deuxième temps d'expérimenter ses techniques sur des cobayes afin de déterminer avec précision les points de vulnérabilité du corps humain. Il sacrifia 100 esclaves, rapporte la légende, dans la poursuite de ses "expériences"... Une autre légende rapporte que c'est en Chine, berceau de la civilisation extrême-orientale, au III ème siècle av. J.-C. que le célèbre médecin Hua T'o développa des mouvements de gymnastique destinés à conserver la santé. Il puisa lui aussi son inspiration dans l'observation de la nature, comme d'ailleurs pour presque toutes les grandes découvertes. Il imita donc dans ses mouvements l'ours, le cerf, le tigre, le singe et la grue. De ces mouvements découlerait une boxe chinoise lente et décontractée ressemblant au Pakua ou au Taï-chi. D'autres textes mentionnent que ce serait un général du XI ème siècle qui aurait fait des découvertes similaires et les auraient codifiées dans le "Patuanchin".
L'illuminé conclut que la recherche du Satori (illumination) par le Zen ne devait pas se faire au détriment du corps, mais plutôt dans une optique d'unité, d'union corps-esprit, et enseigna une gymnastique à ses moines afin que ceux-ci se refortifient : les 18 mains de Lo Han (ou les 18 Arhats). Concentration, respiration, travail sur la force interne du corps, pratique d'exercices pénibles pour permettre l'élévation de la conscience et la fortification de la volonté... Tous les éléments essentiels des arts-martiaux apparaissent déjà dans la technique que le moine ne cessa d'enseigner jusqu'à la fin de ses jours et dont le nom se propagea à la grandeur de la Chine : ekkinkyo, ou Shao-lin-su-kempo. On croit que Boddhidharma puisa ses techniques dans la connaissance qu'il pouvait avoir du Vajramukti, technique du maniement d'armes de la caste guerrière indienne. À la grandeur de la Chine se développeront des techniques de boxes chinoises, certaines axées sur la souplesse et la force interne, comme le Mu Tong Pai (ancêtre du Taï-Chi) du Taoïste Chan San-feng, d'autres plus de force et de vitesse. Viennent ensuite les traumatisantes invasion mongoles, qui enrichissent néanmoins les boxes chinoises de nouvelles techniques. Il en résulte le Lung Hua Chuan (prises) et le Ch'in Na (Clefs de bras), qui composeront partiellement le Jiu-Jitsu japonais ultérieurement.
Le kempo (art du poing chinois) continue d'évoluer à coups d'emprunts au tai-chi, au hung, au liu au ts'ai au pangai-noon... Des échanges se créent entre la Chine et le Japon. Ch'en Yuan Yun vient au Japon au XVI ème siècle pour enseigner une technique qui deviendra Shintoryu-Wajitsu et le Kitoryu. Dans l'autre direction, Shirobei-Akyam, de Nagasaki, ira en Chine étudier le kwappo, art de la réanimation ainsi qu'un style de boxe chinoise qu'il rapportera sous le vocable de Yoshin-ryu, dont le jiu-jitsu découle en partie. C'est dans l'archipel au sud du Japon, les Ryu-Kyu, plus précisément sur l'île d'Okinawa, que va naître le karaté, ou plutôt son parent direct. Au contact des deux mondes, des deux cultures, mélange de techniques locales et importées, le karaté puisera dans plusieurs sources pour parvenir au niveau d'efficacité qu'on lui connaît. Durant la dynastie Ming, l'île passera sous la domination chinoise. Hasshi, nouveau roi de la dynastie locale Sho, interdit toutes les armes sur l'île. Les insulaires n'ont d'autre défense que leur technique de combat locale, trois dans toute l'île : le Shuri-Te, le Naha-Te et le Tomari-Te du nom des trois villes principales. Les contacts de plus en plus abondant avec les commerçants et émissaires chinois introduit parallèlement l'art du poing (kempo) chinois chez les habitants, et de nouvelles techniques se greffent aux styles de combat des trois régions de l'île. En 1609, Shimazu, seigneur féodal du clan de Satsuma, conquiert les Ryu-Kyu, dont Okinawa. Lui aussi y interdit les armes. Naha, la Capitale, est investie de samuraïs et de militaires. Les habitants réagissent en s'entraînant avec une vigueur sans pareille à leur nouvelle forme de combat, résultant de la fusion des styles locaux et du kempo chinois. C'est l'Okinawa-Te, ou le To-De. On s'entraîne en secret, la nuit, entre disciples de confiance. Les pieds, les mains deviennent des armes redoutables; le karatéka doit parfois rivaliser contre le sabre... chaque mouvement est systématisé afin d'atteindre à son efficacité totale; aucun artifice n'est conservé, tout souci esthétique est retranché. Les méthodes de luxation, de renversement et de stragulation sont reléguées au rang d'accessoires. Seul le coup fatal est conservé, celui qui vous permet de vaincre à coup sûr contre l'adversaire décidé à vous éliminer. Il en est ainsi jusqu'au XX ème siècle : le karaté ne cesse de se fortifier, sous l'apport de maîtres qui y consacrent leur vie entière. Politiquement, les hostilités se sont évanouies. Le To-De n'a plus vraiment sa raison d'être, sauf dans un but formateur et éducatif. On l'enseigne maintenant aux jeunes dans les écoles, sous la direction d'Ankoh Itosu et de Kanruo Higaonna. Parmi ces jeunes : Kenwa Mabuni, Chotoku Kyam, Choki Motobu, Uden Yahiku, Chojo Ogusuku, Chojun Miyagi et, bien sûr... Gishin Funakoshi.
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