Histoire

Histoire brève du Karaté.....

.funako

Le meilleur des combats est celui que l'on évite...

Ginshin. FUNAKOSHI

Origines

IdéogrammeL'origine du karaté remonte à la nuit des temps, et du fait, se confond avec la légende.. Les combats ont toujours existé et suivi l'homme comme son ombre et, forcément, il y a toujours eu des formes plus ou moins élaborées de combat. Les premiers vestiges de techniques codifiées de combat remontent aussi loin qu'à l'époque de la Perse antique et de l'ancienne Égypte et peuvent encore aujourd'hui être observées dans les pyramides.  Les Grecs, puis les Romains ont à leur tour développé leur forme de lutte et d'escrime pugiliste et pédestre, le pancrace. Des techniques de combat du moyen-Orient se seraient parallèlement développées puis propagées vers les Indes, alors qu'à la même époque en extrême-Orient et en Asie du Sud-Est se forgeaient des techniques locales de lutte ou de combat tel l'art de la longue main de Kwok Yee, le Chi Chi San, le Shang Pu et même l'ancêtre du Sumo.

Une légende veut qu'il y a cinq mille ans un prince du royaume de l'Inde entreprit d'observer les animaux et d'analyser leur mouvements. Il classa ses observations et parvint à en extraire des techniques utilisables par l'humain. Il entreprit dans un deuxième temps d'expérimenter ses techniques sur des cobayes afin de déterminer avec précision les points de vulnérabilité du corps humain. Il sacrifia 100 esclaves, rapporte la légende, dans la poursuite de ses "expériences"...

Une autre légende rapporte que c'est en Chine, berceau de la civilisation extrême-orientale, au III ème siècle av. J.-C. que le célèbre médecin Hua T'o développa des mouvements de gymnastique destinés à conserver la santé. Il puisa lui aussi son inspiration dans l'observation de la nature, comme d'ailleurs pour presque toutes les grandes découvertes. Il imita donc dans ses mouvements l'ours, le cerf, le tigre, le singe et la grue. De ces mouvements découlerait une boxe chinoise lente et décontractée ressemblant au Pakua ou au Taï-chi. D'autres textes mentionnent que ce serait un général du XI ème siècle qui aurait fait des découvertes similaires et les auraient codifiées dans le "Patuanchin".

Boddhidarma - illuminé qui enseigna ses techniques aux moines de ShaolinPuis arrive un homme incontournable dans l'histoire des arts martiaux : Boddhidharma (Daruma en japonais).  Moine de l'Inde méridionale, il vint en chine en 520 ap. J.-C., sous l'empereur Hsiao Wen, pour y prêcher la doctrine bouddhique du Grand Véhicule (Mahayana; T'chan en chinois; Zen en japonais).  Après bien des pérégrinations, il s'installa au royaume de Wei, au monastère de Shao-lin-su (Shorin-ji en japonais) dans la provinde de Honan. On raconte qu'il s'abîma dans une méditation de neuf ans, face à un mur de pierre, à la suite de laquelle il déboucha sur une connaissance éclairée du monde, mais où il perdit l'usage des pieds et des mains pour un temps.

L'illuminé conclut que la recherche du Satori (illumination) par le Zen ne devait pas se faire au détriment du corps, mais plutôt dans une optique d'unité, d'union corps-esprit, et enseigna une gymnastique à ses moines afin que ceux-ci se refortifient : les 18 mains de Lo Han (ou les 18 Arhats).  Concentration, respiration, travail sur la force interne du corps, pratique d'exercices pénibles pour permettre l'élévation de la conscience et la fortification de la volonté...  Tous les éléments essentiels des arts-martiaux apparaissent déjà dans la technique que le moine ne cessa d'enseigner jusqu'à la fin de ses jours et dont le nom se propagea à la grandeur de la Chine : ekkinkyo, ou Shao-lin-su-kempo.  On croit que Boddhidharma puisa ses techniques dans la connaissance qu'il pouvait avoir du Vajramukti, technique du maniement d'armes de la caste guerrière indienne.

À la grandeur de la Chine se développeront des techniques de boxes chinoises, certaines axées sur la souplesse et la force interne, comme le Mu Tong Pai (ancêtre du Taï-Chi) du Taoïste Chan San-feng, d'autres plus de force et de vitesse.  Viennent ensuite les traumatisantes invasion mongoles, qui enrichissent néanmoins les boxes chinoises de nouvelles techniques.  Il en résulte le Lung Hua Chuan (prises) et le Ch'in Na (Clefs de bras), qui composeront partiellement le Jiu-Jitsu japonais ultérieurement.

Dragon, un des cinq animaux qui inspirèrent le Wu-shu (kung-fu)Au XVI ème siècle, Chueh Yuian, un jeune moine passionné de Shaolin, décide de compiler les techniques du Shaolin-su-kempo et tente de redonner un nouveau souffle aux techniques que les moines ont négligé et dont plusieurs se sont perdues. Il en énumèrera 72. Insatisfait, il part en pérégrinations au travers la Chine et rencontrera deux autres passionnés d'arts martiaux dans le Sud, Pai yu-feng et Li Chieng.  Ensemble, ils codifient et s'enseignent mutuellement 170 mouvements qu'ils classifieront dans 5 styles : le tigre, le serpent, le léopard, la grue et le dragon.  C'est la véritable naissance des styles externes de Kung-Fu, le Wai Chia, qui sera largement popularisé.  Chueh Yuan retournera au monastère de Shaolin enseigner son nouvel art du poing et les moines ne tardent pas à acquérir une réputation d'invicibilité qui portera ombrage jusqu'à l'empereur...

Le kempo (art du poing chinois) continue d'évoluer à coups d'emprunts au tai-chi, au hung, au liu au ts'ai au pangai-noon...  Des échanges se créent entre la Chine et le Japon.  Ch'en Yuan Yun vient au Japon au XVI ème siècle pour enseigner une technique qui deviendra Shintoryu-Wajitsu et le Kitoryu.  Dans l'autre direction, Shirobei-Akyam, de Nagasaki, ira en Chine étudier le kwappo, art de la réanimation ainsi qu'un style de boxe chinoise qu'il rapportera sous le vocable de Yoshin-ryu, dont le jiu-jitsu découle en partie.

C'est dans l'archipel au sud du Japon, les Ryu-Kyu, plus précisément sur l'île d'Okinawa, que va naître le karaté, ou plutôt son parent direct.  Au contact des deux mondes, des deux cultures, mélange de techniques locales et importées, le karaté puisera dans plusieurs sources pour parvenir au niveau d'efficacité qu'on lui connaît.

Durant la dynastie Ming, l'île passera sous la domination chinoise.  Hasshi, nouveau roi de la dynastie locale Sho, interdit toutes les armes sur l'île.  Les insulaires n'ont d'autre défense que leur technique de combat locale, trois dans toute l'île : le Shuri-Te, le Naha-Te et le Tomari-Te du nom des trois villes principales.  Les contacts de plus en plus abondant avec les commerçants et émissaires chinois introduit parallèlement l'art du poing (kempo) chinois chez les habitants, et de nouvelles techniques se greffent aux styles de combat des trois régions de l'île.  En 1609, Shimazu, seigneur féodal du clan de Satsuma, conquiert les Ryu-Kyu, dont Okinawa.  Lui aussi y interdit les armes.  Naha, la Capitale, est investie de samuraïs et de militaires.  Les habitants réagissent en s'entraînant avec une vigueur sans pareille à leur nouvelle forme de combat, résultant de la fusion des styles locaux et du kempo chinois.  C'est l'Okinawa-Te, ou le To-De.  On s'entraîne en secret, la nuit, entre disciples de confiance.  Les pieds, les mains deviennent des armes redoutables; le karatéka doit parfois rivaliser contre le sabre...  chaque mouvement est systématisé afin d'atteindre à son efficacité totale; aucun artifice n'est conservé, tout souci esthétique est retranché.  Les méthodes de luxation, de renversement et de stragulation sont reléguées au rang d'accessoires. Seul le coup fatal est conservé, celui qui vous permet de vaincre à coup sûr contre l'adversaire décidé à vous éliminer.

Il en est ainsi jusqu'au XX ème siècle : le karaté ne cesse de se fortifier, sous l'apport de maîtres qui y consacrent leur vie entière. Politiquement, les hostilités se sont évanouies.  Le To-De n'a plus vraiment sa raison d'être, sauf dans un but formateur et éducatif.  On l'enseigne maintenant aux jeunes dans les écoles, sous la direction d'Ankoh Itosu et de Kanruo Higaonna.  Parmi ces jeunes : Kenwa Mabuni, Chotoku Kyam, Choki Motobu, Uden Yahiku, Chojo Ogusuku, Chojun Miyagi et, bien sûr... Gishin Funakoshi.

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